L’E3 en images et en direct du dehors mais pas du dedans.

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Bonjour les enfants. Le fédéral bureau des investigations m’ayant enfin libéré et remis mes pass Gamerside, j’en profite afin de vous livrer quelques sucreries visuelles – pour les diabétiques, vous pouvez toujours vous rabattre sur les biscottes.

Bon clairement, je ne vais pas vous faire un résumé des conférences éditeurs ni vous dévoiler les secrets des backstages de l’E3 parce que primo je n’y ai pas eu accès et secundo y’a déjà tout plein de sites qui vous proposent des rediff en stream et de très bon gros niqueurs – calembour alert – qui en compilent le contenu, je pense à Kaik, Panda.

A défaut de ne servir à rien, c’est bien volontiers que je vous partage mes impressions du dehors mais aussi mon point de vue de gamer sur l’évènement  parce que s’il y a bien un évènement vidéoludique à ne pas manquer c’est bien celui là ; mais est-ce encore vrai en 2010 ?

Il était une fois en 1995. l’ESA – ou l’entertainment software association – décida qu’il était grand temps que le jeu vidéo ait son propre salon à lui tout seul. A l’époque on allait célébrer la sortie de Killer Instinct, les démos se faisaient sur des tubes cathodiques et les babes avaient des coupes sorties d’une sitcom AB production. Kitch, mignon mais déjà un peu bling bling. On venait de faire un grand pas dans l’industrie du jeu vidéo comme industrie mercantile. Le laser tue la cartouche devenue obsolète et onéreuse ; ce nouveau support permet alors de stocker un nombre unbelievable de données repoussant ainsi les possibilités de programmation…et en boostant par la même occaz les coûts de production. Certains éditeurs se professionnalisent et émergent tandis que d’autres immergent dans les méandres et remous de l’éclatement de la bulle Internet début 2000.

C’est paillette, c’est champagne. Le salon quant à lui se porte bien. L’affluence et l’influence sont croissantes, le prix du m² également. L’E3 devient le salon incontournable de la stratégie marketing des éditeurs où on y est fier d’annoncer son nouveau projet chatoyant qui sera, of course, le meilleur que me monde du jeu vidéo n’ait jamais porté en son sein. Un lieu de foire à la surenchère donc, mais aussi parfois de bonne surprises : se souviendra tous de Sega annonçant la sortie de la Saturn DES LA FIN du salon…les petits coquins ayant livrés les consoles aux dealers de jeux vidéo dans la plus grande discrétion.

Quand on aura 12 ans, en l’an 2007. Cette fameuse année 2007 marque un tournant dans l’histoire pré pubère de l’E3… sous la pression des éditeurs et d’un peu tout le monde au regard du grand boxon intra muros, l’ESA décide de changer fondamentalement la formule magique de son salon. Au diable le gigantesque Convention Center de Los Angeles, rendez-vous dans les lobbies de luxe des hôtels de Santa Monica pour un salon beaucoup plus sobre, épuré de ses babes (snif) et de ses annonces grandiloquentes. Place à un salon plus VIP et professionnel. C’est un échec, mais en quelque sorte une aubaine pour les éditeurs qui en profitent afin de promouvoir leurs propres salons et de rendre leurs annonces un peu plus personnalisables et intimistes. Suite à ce revirement de situation, l’ESA change la donne une fois de plus et décide de revenir sur sa décision pour un retour aux sources en fanfare.

Aujourd’hui, mais hier pour vous, je me suis rendu au Convention Center. Quel veinard me direz-vous ! Oui mais non, pas vraiment. N’ayant pas réussi à faire jouer de mes contacts pour m’incruster, la couverture du salon sera faite depuis l’extérieur, dans le courant d’air de la porte d’entrée. J’ai tout de même réussi à me faufiler dans le hall avant qu’un fort gaillard ne me demande mon badge ; je simule un outrageux accent français et lui demande poliment ou je dois récupérer mon pass avant de m’éclipser en prenant quelques photos. Dehors c’est grosse sono, soleil, burgers gratuits, un air de fête un peu vide ; évidemment, tout le monde doit être à l’intérieur. Pas grave, plus de babes pour moi et plus elles ont l’air de s’ennuyer. J’en profite donc pour accoster quelques-unes d’entre elles et bavarder un peu, photos, sourires et toussa. A la question « est-ce que tu travailles là » ? La jeune et jolie demoiselle me répond : « Bien-sûr, je suis payée à rester ici et à bronzer », elle n’est pas belle la vie ? Je me demande ce que serait un E3 sans babe. Comme une équipe de France sans Zidane peut-être, c’est-à-dire pas grand-chose.

Mais honnêtement, êtes-vous satisfaits de cette édition 2010 ? Pas moi. Sur tous les jeux présentés, combien sont des annonces originales ? Gran Turismo 5, Killzone 3, Mortal Kombat 9, la 3DS quant à elle ne me fait pas grimper au rideau.… Peu de jeux ont vraiment attiré mon attention ; Fable 3, Witcher 2, Homefront bien que ça ressemble beaucoup beaucoup à COD Modern Warfare 2 avec des Coréens. Et pour couronner le tout, 2K et Bethesda viennent, je pense, de tuer deux de mes licences préférées de tous les temps : Fallout et XCOM.  RIP. S’ils font un FPS avec la licence Dungeon Keeper, je vous jure je vends mon PC pour une dreydel*. Donc oui, l’E3 est toujours un incontournable. Le problème c’est bien le line-up des éditeurs qui est de plus en plus moribond. On investit de moins en moins dans des licences originales et onéreuses, l’économie est incertaines blah blah. Vous connaissez le topo, on préfère re-investir dans des licences plus bankables qui ont fait leurs preuves, pondre un nouvel opus tous les ans quitte à inonder le marché de crottes vidéoludiques.

*Petite toupie de Hanouka.

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Bubi

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