Retour sur « Les chroniques de Player One »

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J’ai toujours eu du retard dans mes lectures… J’ai donc profité de mes vacances (de l’été dernier, donc 2010, pour vous donner une idée du retard) pour terminer Les chroniques de Player One d’Olivier Richard et Alain Kahn. Que dire sur le bouquin en lui-même ? En fait, pas grand chose… C’est bien écrit, super précis, c’est vraiment un très bon livre. Même que je le conseille à tout le monde, et aussi à ceux qui ne lisaient pas Player One parce que cela ne parle pas que de ça… Pour moi, ça traduit l’état d’esprit des jeunes années que beaucoup d’entre nous ont connu. J’aurai peut-être juste aimé voir un plus de photos de la rédaction, histoire de sentir encore un peu plus l’ambiance qu’il devait y régner. Par contre, j’ai été un peu moins réceptif aux parties qui traitaient du manga, peut-être parce que j’ai lâché l’affaire assez vite de ce côté là .

Mais finalement, je n’ai pas pu m’empêcher de finir le livre avec une pointe de nostalgie et d’amertumeNostalgie car lire ce livre m’a replongé 15 ans en arrière. Littéralement. Une époque ou Player One dans la cours de récréation, ça se brandissait comme un étendard. Ou chaque numéro était compulsé scrupuleusement et archivé comme il se doit. La presse vidéoludique à l’époque, ça voulait dire quelque chose. On était loin de ce que nous vivons aujourd’hui où quasiment tout le monde est blasé de tout, ou chaque jeu est distillé à coup de media-planning et de teasing de teaser de trailer… Attention, comprenons-nous bien : je n’ai pas envie de jouer les vieux cons. Je pense savoir vivre avec mon temps, mais Player One a pour moi cette saveur de « tartine-grillée-nutella-pendant-une-partie-de-mario-kart », de pages cornées à force de relire le mag le mois durant (surtout l’été), ou encore les discussions avec ses potes en perm’ au lieu de finir ses devoirs.

Rendez-vous compte : 10 ans d’accompagnement vidéoludique…

J’ai appris à aimer la presse papier avec ce canard bordel de merde ! Je pense clairement que si aujourd’hui je fais le boulot que je fais (et je parle de mon vrai taf, pas de mon rôle dans gamerside), c’est en partie grâce à Player One… Alors imaginez ma joie quand un jour on découvre qu’on a dans notre fanbase Facebook quelqu’un comme Matt Murdock ou encore quand suite à notre podcast spécial Player One, on reçoit un mail d’un de ses anciens chroniqueur qui dit, deux points ouvrez les guillemets :

« Merci pour votre Podcast spécial Player One (le 21 je crois) qui m’a bien fait marrer. Vous avez un vrai ton et ça fait plaisir de trouver ça sur le net bien morose et chiant dès que ça cause du jeu vidéo. @ pluche Stef Leflou »

C’était féérique… Vraiment.

Mais comme je disais plus haut, en lisant ce bouquin j’ai eu une forme d’amertume également.

Car comment ne pas être triste quand, un jour de février 2000, vous revenez bredouille de votre marchand de journaux. Alors, vous vous dites que c’est pas grave, qu’il s’agît sans doute d’un retard de livraison, que ça va pas tarder à arriver, etc. La semaine suivante, que c’est peut-être un problème d’impression, qu’on aura un double numéro le mois prochain et on connaitra la raison de tout ça…

Et puis rien.

Les semaines passent, et on finit par apprendre que Player One, c’est fini.

On ne peut pas s’empêcher d’en vouloir à la terre entière. Forcement, on ne peut pas comprendre d’être lâché comme ça, sans explications. Mais comme disait à juste titre Elwood* dans un podcast de Gameblog récemment, « l’arrêt d’un magazine c’est toujours brutal parce que, y a un numéro qui parait et le numéro d’après il ne parait pas. Il n’y a pas un demi numéro, puis un quart de numéro puis un huitième de numéro ». Voilà. End of story. On se sent orphelin et on peut même pas troller sa haine sur le forum du responsable de cette injustice.

Aujourd’hui, pour revivre cette époque, il reste donc des ouvrages comme « Les chroniques de Player One », des sites comme abandonware-magazines.org, mais également un joli projet : Player Two qui reprend le flambeau avec brio, ça vaut le coup d’œil…

*Elwood (François Tarrain), ancien rédacteur de Player One sur la raison de la fin de Player One, pendant le podcast des 2 ans de Gameblog (vers 1h55).

Plus d’infos sur Les chroniques de Player One :
Le lien du livre sur le site de l’éditeur, Pika Edition
Vidéo d’une rencontre avec les auteurs des Chroniques de Player One à Japan Expo Sud 2010
Le LCI Gameclub avec Matt Murdock et Olivier Richard
J’irai loler sur vos tombes avec Olivier Richard
Un article Cyril Drevet sur la sortie du Livre

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Ours-chat. J'ai inventé le jeu de paume un soir de doute. @gropanda

2 commentaires

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    De toutes manières, je pense que les presses vidéoludiques de l’époque avaient toutes un côté « branché et convivial », avec les posters offerts, petites anecdotes de l’équipe, courrier des lecteurs, couverture superbe…

    D’ailleurs j’ai retrouvé dans ma fosse sceptique le premier exemple de SUPERSONIC, magazine dédié à SEGA, avec un poster de Shinobi/Golden Axe je crois..

    Pour ne pas les citer, je lisais également JeuxVideoMagasine il y’a quelques années (je crois que j’en ai déjà parlé..?), où j’y retrouvais un côté vraiment sympa avec des tests dotés d’humour et une rubrique COURRIER DES LECTEURS vraiment géniale.

    Et comme en avait parler Panda lors du Podcast sur PlayerOne je crois d’ailleurs, Future avait racheté la boîte de l’époque, puis Future à été racheté par la boîte actuelle (le nom m’échappe), et là BAM, le changement total !

    Plus que 3 ou 4 membres originaux de l’équipe que j’ai connu, de nouvelles têtes, des tests vraiment banals et un courrier limite administratif, en plus de cela le magazine (si je n’ai pas rêver) à été raccourci d’un bon paquet de pages, je vérifierais ça prochainement.

    Et entre cela, les magasines officiels surtaxés avec leurs pauvres Goodies et j’en passe..

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