UFC Que choisir part en guerre contre les « pass online »

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On en parle souvent entre nous, dans notre podcast et divers articles (ici et par exemple), les DLC et autres « Pass online » sont une plaie pour les gamers. Une gangrène qui n’a d’autre but que de tuer le marché de l’occasion et d’engranger plus de revenus sur leurs titres.

L’UFC-Que Choisir (Union Fédérale des Consommateurs—Que choisir), association dont l’objectif est de défendre les intérêts des consommateurs vient de publier un communiqué assez intéressant sur -entre autre- les pratiques commerciales des éditeurs et développeurs de jeux vidéo.

Voici le communiqué dans son intégralité :

Communiqué daté du 29 novembre 2011, publié sur le site d’UFC-Que choisir

« Des jeux vidéo qui n’en valent plus la chandelle !

Alors que sortent les « blockbusters » de Noël, l’UFC-Que Choisir tire la sonnette d’alarme, et, à l’appui d’une étude sur l’ampleur et la variété des dysfonctionnements des jeux vidéo, agit auprès des autorités pour mettre fin aux inadmissibles pratiques commerciales des éditeurs et des distributeurs.

En effet, interpellée par de nombreux consommateurs courroucés par une détérioration de la qualité des jeux vidéo comme des pratiques commerciales, l’UFC-Que Choisir a décidé de lancer un appel à témoignages (plus de 560 réponses), duquel il se dégage trois problèmes majeurs transformant le jeu vidéo en véritable parcours du combattant.

1. LES ÉDITEURS NE JOUENT PAS LE JEU

Les jeux truffés de bug : Les dysfonctionnements se multiplient et empêchent, de manière inacceptable, l’usage normal des jeux vidéo*(1): arrêt inopiné (le freeze) obligeant le consommateur à recommencer à partir du dernier niveau atteint, ou pire, nécessité de recommencer entièrement le jeu*(2) à cause d’un système de sauvegarde défaillant*(3). Sur ce point, les plaintes se concentrent sur trois éditeurs : EA Games (27% des témoignages), Ubisoft (12%) et Activision (11%).

Les éditeurs vendent chèrement ce qui s’apparente à de simples démos qu’il faut compléter avec des contenus payants.

2. INTERNET : UN PRÉREQUIS LOIN D’ÊTRE LUDIQUE

L’utilisation d’un jeu vidéo exige désormais d’avoir Internet non seulement pour le mode multi-joueurs (jeux en réseau) mais aussi et -cela est plus récent- pour activer le mode mono-joueur, notamment pour télécharger les mises à jour et les correctifs (patch). Si internet devient un prérequis, force est de déplorer le laxisme des éditeurs qui ne semblent pas investir en conséquence. En effet, les défaillances de connexion (impossibilité de se connecter pendant plusieurs heures) ont été signalées spontanément par près de 13% des consommateurs. 10% d’entre eux visent explicitement la plateforme Steam.

3. DES DRM DESTINÉS À TUER LE MARCHÉ DE L’OCCASION

Les jeux vidéo sont de plus en plus attachés à une clé d’activation ou à un pass unique. Ce code lie un jeu et un terminal (ordinateur ou console). Il s’agit d’une forme de DRM*(4) qui pose les mêmes difficultés que celles connues pour la musique ou les films, i. e. impossibilité de prêter et de transférer le jeu. La limitation est parfois bien plus restrictive puisqu’un consommateur ne peut pas utiliser son jeu sur un terminal différent (un autre ordinateur ou une autre console). Cette pratique vise à tuer le marché d’occasion puisque le consommateur qui achète un jeu de seconde main doit investir dans un nouveau code d’activation rendant le jeu ainsi acquis aussi cher qu’un jeu neuf. L’UFC-Que Choisir a d’ailleurs constaté que cette limitation est souvent non ou mal indiquée lors de l’achat du jeu, que ce soit sur le boîtier lorsqu’il s’agit d’un achat physique ou sur le site du cybermarchand lorsqu’il s’agit d’un achat à distance.

Refusant la poursuite de pratiques commerciales qui truquent le marché du jeu vidéo, l’UFC-Que Choisir :

Demande à la DGCCRF d’effectuer une enquête approfondie pour déterminer l’ampleur des problèmes (fréquence et gravité) rencontrés par les consommateurs ;

Dépose plainte contre 3 distributeurs et 4 éditeurs de jeux pour pratiques commerciales trompeuses, s’agissant de l’information relative aux codes à usage unique d’accès à certains éléments du jeu.

Retrouvez l’étude et des propositions de l’UFC-Que Choisir sur « Des jeux vidéo qui n’en valent plus la chandelle ! » en cliquant ici.

*(1) Ces dysfonctionnements sont d’ailleurs dans l’actualité par exemple : http://www.pcinpact.com/news/67212-batman-arkham-city-patch-directx-11-black-fr.htm ou dans les forums spécialisés.

*(2) Voir par exemple : http://www.jeuxvideo.fr/jeux/battlefield-3/battlefield-3-record-lancement-polemique-actu-455824.html

*(3) Les jeux les plus touchés, parmi une centaine citée, seraient : call of Duty Black Op. (10%), Batllefield 3 (9%), Rage, Fall Out New Vegas et Dead Island, concentrent chacun 5% des témoignages.

*(4) Digital Rights Management : mesures techniques de protection qui visent à empêcher la reproduction du média. »

Édouard Barreiro

 

Je me sens juste super en phase avec ce communiqué…

OUI les éditeurs nous balancent des jeux pas terminés qui nécessitent une mise à jour dès leur sortie pour corriger leurs bugs (Gouki chez nous, qui n’avait pas branché sa Xbox sur le live à la sortie de Crysis 2, à perdu 3 fois de suite sa sauvegarde à cause de ça).

OUI des éditeurs comme Warner Bros ABUSE de verrouiller un personnage du mode solo avec un code unique.

OUI le marché de l’occasion est nécessaire et sain dans le marché vidéoludique. Si ce marché n’existait pas, je n’aurai pas joué à Assassin’s Creed et donc je n’aurai pas précommandé La black édition d’Assassin’s Creed 2.

Aujourd’hui je suis content qu’une association à dans sa ligne de mire des éditeurs et développeurs sournois. Je sens que je vais suivre cette affaire avec un grand intérêt. Merci UFC-Que choisir d’avoir pris ce problème à bras le coeur.

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Ours-chat. J'ai inventé le jeu de paume un soir de doute. @gropanda

4 commentaires

  1. Avatar

    A moins de bosser pour EA and Co on ne peut qu’être d’accord avec l’UFC. 🙂

    De plus en plus d’éditeurs trouvent de bon goût de flouer le consommateur, quand bien même cela soit au parfait mépris du droit européen (cf. épuisement du droit de distribution) en s’appuyant sur le cheminement intellectuel de haute volée qu’une vente d’occasion, c’est une vente de jeu neuf perdue (il est d’ailleurs assez amusant de constater que c’est exactement le même bullshit que pour le piratage) .

    De même, de plus en plus de jeux solos vendus en boite intègre steamworks et obligent donc à disposer d’un accès internet pour valider et installer son jeu et il est plus que temps que ces pratiques cessent, car n’en déplaise aux fanboys de steam mais le client n’a pas à se connecter (même si ce n’est qu’une fois) pour installer et jouer à un jeu solo only, d’autant plus que ce DRM est aussi une atteinte au droit à la revente d’occasion, puisqu’il lie la clé d’installation à un compte steam qui est non cessible et non revendable.

    Je passerai brièvement sur les DLC moisis et autres contenus amputés de la version commerciale, tout comme je passerai aussi brièvement sur les pratiques commerciales mensongères de certains (j’ai encore en mémoire une interview d’EA annonçant pour la campagne solo de BF3 une durée de vie de 12H env alors que dans les faits on est plus proche des 5/6H, si ca c’est pas de la tromperie alors je ne vois pas trop ce que c’est). :/

    Tout ca pour dire que je suis d’avis qu’il est grand temps de mettre un frein à toutes ces pratiques, si ce n’est mafieuses, à tout le moins plus que douteuses, et je suis donc derrière cette assoc de consommateur à 2000%. 🙂

  2. Avatar

    Au lieu d’envoyer L’UFC Que Choisir, on devrait plutôt leur envoyé les gars de l’UFC (Ultimate Fighting Championship)cela serait beaucoup plus vite réglé.
    Un bourre pif par-ci une soumission par-là et hop plus de problème !!!! ^^

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