GTA V: Je t’aime, mais tu pourrais faire des d’efforts

1

GMS GTAV

En combinant des mondes ouverts fascinants et des histoires passionnantes à base de références cinématographiques et culturelles la série des GTA s’est taillée une place de choix dans ma vie de joueur.

Depuis la sortie de GTA III chaque nouvel épisode génère chez moi une impatience démesurée et une excitation folle, digne d’une groupie des G Squad à la belle époque… D’ailleurs pour être tout à fait honnête, GTA San Andreas est mon jeu préféré aux côtés d’un certain Final Fantasy VII. (oui chacun ses références)

Si je vous raconte ma vie c’est pour vous présenter le contexte dans lequel j’ai attendu et joué à ce nouvel épisode et pour moi, potentiel « best game ever ».

Parce que voilà, après avoir retourné le jeu dans tous les sens (hors multi) et avoir trouvé le jeu fantastique, des petits sentiments inattendus ont pointé le bout de leurs nez, la déception et la frustration.

 

 gta V psy

Toujours aussi maitrisé mais un peu moins haletant?

Les scénarios des GTA ont toujours été l’une des grandes forces de la série, en mêlant intelligemment histoires de gangsters sorties des plus grands films du genre et références à la pop culture. Chaque épisode avait son ton, sa couleur et une trame narrative impeccable.

Dans celui là, la promesse était encore plus grande. En prenant le risque de proposer trois personnages jouables Rockstar nous offrait la possibilité de densifier encore plus l’expérience.

(Attention risque de très très léger spoil)

Dans les faits cela marche bien, j’ai accroché à l’histoire, les héros sont différents, attachants (à leur manière) et permettent de bien varier les plaisirs.

Sauf que du coup la trame principale m’a parue bien plus éparpillée et moins prenante que d’habitude. Chaque héros a son « méchant », ses quêtes et ses moments cultes mais quand tout se regroupe je trouve que cela manque d’ampleur et surtout d’équilibre.

Il y a beaucoup d’histoires et de vilains pas beaux, mais traités de façon un peu « light » , enfin surtout du côté de Trevor et Franklin. Que se soit les triades pour l’un et surtout les Balas pour l’autre, leurs présences dans le jeu se font trop rares contrairement aux histoires de Michael qui sont clairement le ciment de l’ensemble. C’est bien dommage parce que j’ai eu une sensation de déséquilibre et de frustration de ne pas voir ces arcs plus développés. Surtout que quand tu as joué à San Andreas, les Balas ça te parle et c’est bien plus qu’une trame de fond. Du coup, quand tu ne croises que très peu les bad guys dans le jeu cela enlève une certaine excitation, ils paraissent moins importants, moins charismatiques.

 

franklin et chop

Le syndrome du toutou

 

Au bout de quelques épisodes il y a des défauts qui ressortent de plus en plus. Par exemple, avoir des héros qui obéissent sans poser de questions comme dans les jeux où l’on incarne un personnage « muet ». Dans certaines situations je peux comprendre qu’ils n’aient pas le choix, comme Michael vis à vis du FIB, ou quand ils font les suiveurs pour mieux tromper l’ennemi.

Mais dans la plupart des cas, un PNJ très très agaçant va venir nous voir et nous imposer « sa quête ». Le meilleur exemple, c’est Franklin, aka « le suiveur ». Lorsqu’il est en mission avec ses deux compères, cette attitude passe bien, il apprend, ils lui servent de mentors. Mais d’un autre côté, quand il doit suivre, au hasard, Lamar, il acquiesce sans broncher.

Même si les cut scenes invoquent souvent l’excuse de son attachement au quartier, sa facilité à accepter tout et n’importe quoi décrédibilise beaucoup le personnage. Il sait que c’est foireux mais il y va quand même. C’est d’autant plus dommage que lors des grosses missions il s’impose comme un élément indispensable et fort. Mais dès qu’il revient chez lui ces acquis et cette expérience disparaissent et il en devient presque faible.

Cette tare est une habitude dans la série, ce n’est pas avec cet épisode qu’on la découvre, mais au bout d’un moment, c’est agaçant, ça casse un peu l’immersion et rend moins crédibles certaines parties du scénario et personnages.

 

 Three-Characters

Des nouveautés qui font pschit…

 

Depuis GTA IV (une éternité dans le monde du jeu vidéo) on en a vu des choses, des bonnes idées, des nouveautés. Et sur ce plan là, ce cinquième volet était plutôt attendu, la série n’ayant que très peu évoluée depuis GTA III.

Rockstar s’est donc employé à nous proposer de nouvelles (ou anciennes) features pour apporter un peu de fraicheur à son mastodonte. Et dans les faits… ça sonne un peu creux.

Un des aspects les plus mis en avant était les capacités spéciales propres à chaque personnage. Elles étaient censées proposer des gameplays différents et de vraiment nous faire sentir les atouts de chacun. Dans le feu de l’action même si elles sont parfois pratiques et fun, honnêtement elles ne servent pas à grand chose. Jamais dans le jeu je ne me suis senti obligé de les utiliser quand elles n’étaient pas imposées. C’est bien dommage parce qu’au bout d’un moment j’ai fini par les oublier tant leur utilisation n’était pas devenue naturelle pour moi.

Autre déception, celle de l’achat et de la gestion des propriétés. Sur le papier j’étais assez excité en pensant qu’elles auraient une incidence sur notre contrôle de la ville et qu’elle apporteraient une vrai plus-value.

Certaines peuvent être utiles, comme les hangars et autres garages, ou comme acheter les Los Santos Customs qui permettent à Franklin de « pimper » gratuitement. Mais pour les autres, cela relève plus du gadget qu’autre chose. Elles génèrent de l’argent, mais franchement à partir du moment où l’on peut se les payer l’aspect financier n’est plus un problème. C’est la même chose pour les petites quêtes annexes qui leurs sont attitrées; elles sont chiantes, répétitives et n’apportent rien. J’aurai bien aimé avoir un mini scénario rattaché à chacune, même juste pour une ou deux missions, histoire de les mettre en valeur et de justifier leur achat.

Avant de terminer, je voulais dire un rapide petit mot sur les radios. Les titres proposés sont encore une fois excellents. Mais globalement j’ai trouvé la bande son un peu trop concentrée sur du rétro au détriment d’une vraie radio rock et la traditionnelle station de musique classique par exemple. Cela m’a paru d’autant plus flagrant quand on voit la qualité de celles proposées par Sleeping Dogs ou encore Saints Row The Third récemment.

Et puis enfin je ne parlerai pas du multi, parce que je n’ai pas encore eu le temps de m’y mettre à cause de tous les petits soucis techniques qui l’accompagnent (oups), mais pour être honnête, même s’il promet une bonne dose de fun, ce n’est pas pour ça que j’achète un GTA, donc je le laisse tranquille pour le moment. Je n’évoquerai pas non plus les mini jeux de sports. Même s’ils ne sont pas parfaits ils n’ont pas pour but de transcender le jeu mais juste d’apporter une petite dose de fun supplémentaire, si on accroche bien sur.

 gtav

Bon je m’arrête là, vous l’aurez compris c’est une vision très personnelle de la chose.

Je le précise de nouveau, j’ai adoré ce GTA V et l’attente en valait clairement la peine. Le jeu est fabuleux dans son univers, son immensité et son écriture. Et toutes ces qualités, que tous les amateurs connaissent, arrivent sans problèmes à prendre le pas sur les défauts et à en justifier l’achat les yeux fermés.

Cependant en tant que grand fan de la série, m’est avis que Rockstar se repose un peu trop sur ses acquis et peine à vraiment révolutionner, si ce n’est renouveler sa licence.

Quand une série se fait aussi rare et crée autant l’évènement, je trouve qu’il est pas indécent de vouloir de vraies belles nouvelles choses.

Surtout que c’est le genre d’aspects et de manques que l’on ne pardonne pas à d’autres séries vidéo-ludiques… Peut être aussi parce qu’elles ne sont pas GTA…

 

Share.

About Author

Avatar

@StephNoMore

Un commentaire

Leave A Reply