Les « deux vies » de ma Playstation Vita

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Vivre l’expérience des gros et grands jeux des consoles de salon dans la paume de sa main, telle était la grande promesse de la Playstation Vita à sa sortie. Comme beaucoup de monde j’ai été séduit par les promesses de la console. Avec ses deux sticks, sa puissance et son superbe écran OLED, elle avait à peu près tout ce qu’il fallait pour réussir son pari. Pourtant rien ne s’est vraiment passé comme prévu, et malgré quelques excellents titres à sa sortie la console n’a jamais vraiment su décoller dans les charts et s’imposer comme une concurrente sérieuse à la 3DS.
Aujourd’hui pour beaucoup la PS Vita est devenue la console des portages, des adaptations ratées et de jeux obscurs sortis tout droit du Japon, un objet à la fois cher et difficile d’accès. Pire, on entend très souvent dire que « la Vita n’a pas de jeux ».

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Ma relation avec la portable de Sony est surement la plus étrange que j’ai eu avec une console depuis que je suis joueur. Quand j’ai acheté ma Vita c’était avec des étoiles pleins les yeux. Avant sa sortie j’avais eu l’occasion de l’essayer au Paris Games Week, j’avais alors pu poser mes mains sur le superbe portage de Rayman Origins et pris une belle claque avec la démo d’Uncharted Golden Abyss. Les promesses étaient là, des jeux magnifiques et l’apport du deuxième stick qui permettait enfin de profiter pleinement des environnements en 3D.
Malgré tout, je n’ai pas acheté la console directement à sa sortie, préférant avoir les retours d’autres joueurs sur la machine et la qualité des jeux. Même si j’étais très emballé, l’investissement restait tout de même important entre le prix de la console, d’un jeu et surtout de la carte mémoire aussi obligatoire que scandaleusement chère (ce qui est toujours le cas).

 PSVita Jeux de lancement

Le jeu qui me fera définitivement franchir le pas fut Gravity Rush. Un vrai titre ambitieux et à l’esthétique incroyable qui m’a collé une vraie petite claque. Même s’il n’était pas exempt de défauts il était tout ce que j’attendais de la console, à savoir une expérience fraiche, originale et digne d’un gros jeu de console de salon. Très vite d’autres achats suivront avec notamment Uncharted Golden Abyss qui a répondu à toutes mes attentes, mais aussi les excellents Everybody’s Golf et Wipeout 2048. Niveau gros titres j’étais plutôt bien servi d’autant plus que je jouais déjà en parallèle sur ma Xbox 360 et ma PS3. Du coup j’ai volontairement laissé de côté une grosse partie du catalogue de lancement, ayant déjà tâté certains titres sur les machines de salon. C’est d’ailleurs un point que beaucoup auront reproché à la Vita, des portages de jeux déjà existants. Certes, mais en même temps, certains comme Virtua Tennis 4 ou Rayman Origins étaient tout à fait propices à être adaptés sur portable. Les premiers mois sur la console se passent vraiment très bien et je suis satisfait de mon achat. Les possibilités de la console sont vraiment aguichantes et il me tarde de voir la suite. Pourtant très vite le doute va s’installer. Comme je suis d’assez prêt l’actualité je sais que la PS Vita peine à trouver son public et que le planning de sortie est extrêmement flou, et hormis des titres japonais qui m’étaient inconnus, je ne voyais rien venir de vraiment excitant.

 Gravity Rush Vita Uncharted Vita

Mais je préfère attendre, après tout la console est encore très jeune et je me tourne vers le dématérialisé. J’y découvre deux excellents titres, Mutants Blob Attack et Super Star Dust Delta qui sauront m’occuper pendant un petit moment. Et puis le temps passe, le Call of Duty est une catastrophe (même si je ne l’attendais pas) et surtout Assassin’s Creed III Liberation dans lequel j’avais placé beaucoup d’espoirs est une déception. Non pas que le jeu soit mauvais mais il témoignait d’un très gros manque de finition qui rendait l’expérience souvent déplaisante.
C’est à ce moment là que je commence sérieusement à envisager de revendre la portable. Rien à l’horizon, pas de GTA, de Gran Turismo, de Final Fantasy ou de gros JRPG qui me fasse rêver, en fait rien qui ne justifie vraiment de garder la console. J’ai suffisamment à faire sur mes autres machines, je ne suis pas collectionneur et je n’aime pas voir les choses prendre la poussière, il est donc temps de m’en séparer.

You don't look well sir

Comme mon magasin de JV est à 30 minutes en voiture et que je suis une feignasse, je mets un peu de temps à me bouger. Et puis voilà qu’un jour je tombe sur un article parlant de l’arrivée prochaine de Persona 4 Golden sur Vita. Persona est une série que je ne connais que de nom et de réputation, et sur laquelle je n’ai jamais vraiment prêté plus d’attention que ça. Mais ce que je vois et lis dans l’article me plait, énormément même. Les visuels me parlent, tout comme l’ambiance, et le mix de Dungeon-RPG et de vie de lycéen a du potentiel. Originalité + RPG, voilà exactement ce que j’attendais, un titre frais et qui me ferait passer des heures sur ma portable. Il est annoncé pour début 2013 aux US et l’anglais ne posant aucun problème, je prends ma décision: il sera le jeu de la dernière chance, et s’il ne me plait pas, bye bye la Vita.

Persona 4 Golden

Parfois il suffit d’un rien pour passer à côté d’un grand jeu et à quelques jours près j’aurais peut être survolé son actualité, ne me sentant plus du tout concerné. Aujourd’hui, Persona 4 Golden fait tout simplement parti de mes jeux préférés, toutes consoles confondues et aisément l’une des expériences les plus dingues de ces dernières années. C’est très simple, j’ai trouvé tout ce que je cherchais dans ce jeu et même plus. Une aventure originale, passionnante et suffisamment de contenu pour me tenir scotché à ma machine pendant 90 heures. Je n’avais jamais touché à un Dungeon-RPG ou à quelque chose s’approchant de l’aspect simulation de vie que propose le jeu. Bref ce fut une expérience incroyable et aujourd’hui encore je dis souvent que pour moi ce jeu justifie à lui seul l’achat de la console.
Persona 3 Portable n’a d’ailleurs pas trainé à rejoindre ma Vita quelques jours plus tard. Comme pour son successeur, c’est une claque et une expérience marquante que j’avais complètement zappée sur PSP à l’époque. Comme quoi il n’est jamais trop tard.

Si j’avais déjà eu des coups de coeur et beaucoup d’affection pour ma console avant Persona 4 Golden, c’est avec ce jeu que la machine a commencé à être si particulière à mes yeux. C’est un peu comme certains avec la Dreamcast j’imagine, s’il n’y avait pas pléthore de titres, il aura suffit d’un Shenmue, d’un Power Stone ou d’un Soul Calibur pour que la console devienne culte pour eux.

 homer

Le deuil des promesses initiales de la PS Vita est fait. Terminés les rêves de voir certaines licences prestigieuses atterrir sur la portable, même Sony a lâchement jeté l’éponge, ne parlant quasiment de sa console que comme un compagnon idéal pour la PS4 (quelle blague). La déception est grande et il faut être clair, la ludothèque n’est clairement pas à la hauteur des ambitions des débuts. Les ventes n’ont pas été au rendez vous, et rapidement les éditeurs qui auraient pu faire la différence ont préféré laisser tomber, souvent même sans avoir vraiment essayé.
Il y a pourtant eu à un certain moment un dernier soubresaut qui laissait entrevoir l’espoir, avec le très joli Tearaway et un Killzone Mercenaries plutôt efficace et surtout très impressionnant. Mais le mirage s’est vite dissipé, ces deux titres étant un peu les derniers représentants de promesses déjà bien lointaines.
Du coup lorsque j’ai décidé de garder la console je me suis mis en tête d’essayer de profiter au maximum de l’identité particulière de sa ludothèque, à savoir les indés et les titres japonais aux concepts originaux (du moins pour moi).

 Killzone Mercenaries Vita Tearaway Vita

Je me laisse donc tranquillement guider par la curiosité, lisant de ci de là les avis des autres joueurs sur certains titres proposant quelque chose de différent. Le visual novel (et ses « dérivés ») en sera le premier et parfait exemple. Ces aventures extrêmement textuelles m’étaient inconnues et assez obscures. J’ai tout de même pris le risque de tenter l’expérience, après tout tant qu’on a pas essayé… Ainsi, Zero Escape: Virtue’s Last Reward fut une énorme surprise grâce à son scénario complètement halluciné qui m’aura laissé littéralement bouche bée. Je retenterai l’aventure plus tard avec Danganronpa, une expérience là encore vraiment plaisante et fraiche, et même si elle m’a moins accrochée j’ai suffisamment apprécié pour vouloir me faire la suite plus tard.
Autant être honnête, ça ne m’a pas forcément donné envie de me jeter sur tous les jeux du genre, ça reste quand même très particulier et implique peu ou pas de gameplay. Mais une fois de temps en temps, histoire de changer c’est très frais et plaisant. J’ai d’ailleurs commencé Steins Gate il y a peu et qui pour le coup est 100% visual novel et je découvre encore un peu plus le genre dans ce qu’il a de plus classique.

 Danganronpa Vita Virtue's Last Reward Vita

L’originalité du catalogue Vita m’aura également permis de redécouvrir un genre que j’avais délaissé depuis des années, à savoir le shoot’em up. TxK, Resogun, Geometry Wars 3 Dimensions, Super Stardust Delta ou encore les deux Velocity sont autant jeux qui dépoussièrent le genre en y apportant chacun une bonne grosse touche d’originalité. Si certains de ces titres sont également disponibles sur consoles de salon, le format des missions courtes est évidemment parfaitement adapté à une expérience nomade et c’est un vrai régal.

 TxK VitaSuper Stardust Delta VitaGeometry Wars 3 Dimensions Vita

Enfin, il y a le dernier argument de taille: les indépendants. Après avoir fait grand bruit sur PC et consoles de salon voilà que quelques uns des plus gros titres se sont mis à débarquer sur la portable. Les premiers temps les avis étaient assez contrastés, entre ceux qui les accueillaient à bras ouverts et les autres qui n’y voyaient que des doublons d’autres machines et le symbole d’un cruel manque de nouveautés. Pourtant les portages de la plupart de ces titres ont tout à fait leur place sur Vita. De plus tout le monde n’a pas l’ADN du joueur PC en lui et trouvera certains jeux bien plus « confortables » sur portable.
Ainsi, à la manière des shmups, et même s’ils sont encore très peu nombreux, les rogue like ont trouvé pour moi le support idéal. Les portages de Rogue Legacy, Spelunky et surtout de l’extraordinaire The Binding of Isaac Rebirth sont de véritables petites bombes chronophages, le meilleur moyen de veiller très tard quand on lance une « petite partie » calé tranquillement dans son plumard. Dans le même style j’attends d’ailleurs avec impatience l’arrivée prochaine de Crypt of The Necrodancer qui devrait là encore se faire une place de choix dans ma ludothèque, en espérant que d’autres suivent.

 The Binding Of Isaac Rebirth VitaRogue Legacy Vita

Mais la sphère indépendante offre bien évidemment autre chose que du rogue like. J’ai pris un pied pas possible en jouant à Hotline Miami avec le casque vissé sur les oreilles pour une immersion optimale. Beaucoup d’autres titres vraiment sympathiques auront su se faire une place dans ma console comme OlliOlli, Thomas Was Alone, Stealth Inc, ou encore Machinarium, ils collent tous parfaitement au format portable et offrent des expériences variées. La bonne nouvelle c’est que cela ne devrait pas s’arrêter de si tôt puisque d’autres titres de cette scène indé sont en passe d’arriver sur la console qui semble être fortement appréciée chez certains développeurs et éditeurs.

Thomas Was Alone Vita Hotline Miami Vita

Des « petits jeux » certains diront. Et alors? Ils ne sont crédibles que sur PC et pas ailleurs?

Depuis sa sortie en 2012 la PS Vita a beaucoup changé et les promesses de départ n’ont été tenues que trop peu de fois malgré un nombre de jeux de qualité non négligeable. Le catalogue aura déçu énormément de joueurs qui en auront fait le tour assez rapidement. Pourtant la console portable de Sony reste un petit bijoux technique dont le potentiel est toujours aussi grand. Elle est devenue une machine qui demande un certain investissement et une bonne dose de prise de risque pour celui qui souhaite vraiment en profiter au maximum. Cependant si elle n’est en aucun cas devenue élitiste, une partie de sa ludothèque exige tout de même d’être plutôt à l’aise avec l’anglais ce qui peut freiner pas mal de monde.

 Do you speak english

Privée des licences phares qui auraient du faire son succès, la console a su trouver un second souffle et propose aujourd’hui un compromis des plus intéressants. Aux quelques « AAA » des débuts sont venus s’ajouter moult pépites sorties tout droit du Japon qui continuent malgré tout de débarquer en parallèle de la vague indépendante, qui a décidé de lui offrir certains de ses plus beaux représentants.

Cette diversité en fait aujourd’hui une console qui se retrouve par défaut avec une identité particulière. J’ai personnellement mis du temps à l’accepter, la PS Vita que l’on m’avait vendue est morte assez rapidement et bien j’ai bien failli l’enterrer aussi vite.
Mais je ne suis pas pour autant devenu un énorme joueur sur la portable de Sony et j’accepte le fait de ne pas y toucher pendant un certain temps, je ne me force pas à acheter des titres qui ne m’intéressent pas. Je ne vais non plus dire que son catalogue est incroyablement riche (tout dépend des joueurs) et que son avenir est plus radieux que jamais. Après tout, à chacun sa propre expérience, je sais que je suis passé à côté d’une grosse partie du catalogue et de certains gros titres, mais il faut faire des choix. Cependant depuis maintenant trois ans que j’ai la console, j’ai pu me faire une petite d’une trentaine de jeux (le PS+ aura bien aidé), dont peu ont été des déceptions, et c’est ma foi bien plus que raisonnable non?

Aujourd’hui une chose est certaine pour moi, ma PS Vita est une console vraiment à part, qui m’offre quelque chose de différent et surtout de belles expériences originales. Ca n’était vraiment pas gagné vu la tournure des évènements et je la considère toujours comme un beau gâchis. Malgré tout, elle est devenue au fil du temps cette petite machine coup de coeur dont je n’ai plus envie de me séparer.

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@StephNoMore

8 commentaires

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    J’attends tjs la sortie de pier solar HD !!! préachetez sur ps3 pour avoir le cross buy

    En attendant je motorm storm rc, je rogue legacy, voir même je final fantasy X 😛

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    Flute suis allez trop vite en appuyant sur entrer trop tôt 😛

    « Aujourd’hui une chose est certaine pour moi, ma PS Vita est une console vraiment à part, qui m’offre quelque chose de différent et surtout de belles expériences originales » < voilà pourquoi j'ai une vita / 3ds / wii u et un pc, je n'ai ni ps4 ni xbox one.

    Il n'y qu'une chose aujourd'hui qui me ferai acheter une ps4 (comme la 3 à l'époque d'ailleurs), ca serai la sorti de trash panic 2 ! J'ai claqué 300 euros dans la ps3 juste pour ce jeu psn à 5 euros, qui d'ailleurs détient le record de temps de jeu de ma ps3 ^^

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    Magnifique article ! Vraiment beau ! Je te conseil les jeux de Vanillaware pour une claque visuel tel le magnifique Muramasa. Si tu as aimé Steins;Gate tu peux essayer le prochain Xblaze mais attention le système de selection est très bizarre et perturbant.

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      Merci. J’ai fait Muramasa et j’ai beaucoup aimé, j’ai également Dragon’s Crown qui attend son tour, mais ça sera quand j’aurai du temps à lui consacrer.

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    Excellent article ! Bonne rédaction… En plus je voulais faire un article dans le genre 🙁 J’avais qu’à être plus rapide :p Mais j’ai d’autres idées :p !

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    C’est une belle déclaration ça, dis donc. Cette console me fait les yeux doux depuis sa sortie mais encore maintenant en occasion je la trouve très chère. C’est sans doute mérité vu ce qu’elle embarque en hardware. D’ailleurs aucune des autres portables ne me font envie.

    Tu ne crois pas du tout que la Vita sera capable de streamer un jeu à partir de la PS4?

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      Si si elle stream très bien les jeux PS4, mais elle n’est pas forcément très adaptée à la plupart des titres. Les boutons L2/R2 sont émulés sur le tactile arrière, c’est pas du tout ergonomique et il n’y a pas de « degrés de pression » sur les gâchettes, du coup tu ne peux pas profiter correctement d’un Trials Fusion par exemple.
      La fonction reste cool mais je ne l’utilise jamais et les jeux les mieux adaptés sont souvent cross play/buy 🙂

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