Test: The Vanishing of Ethan Carter

1

Le jeu narratif fait parti de ce genre de titres aux concepts qui divisent, entre ceux qui crient systématiquement au génie et les autres au scandale et à l’ennui profond. Personnellement j’adopte plus une position que ne renierait pas François Bayrou, et me situe plutôt « au milieu » de ces deux tendances. Comprendre, j’aime ce genre d’expériences mais seulement de temps en temps, parce que ça change, que c’est frais et que cela peut aboutir à d’excellentes surprises si le cheminement est bien fait.

Hormis son statut d’étalon visuel et d’ambiance teintée de fantastique, je ne savais rien de The Vanishing of Ethan Carter, et globalement lorsque je me lance dans ce genre de jeu j’aime partir dans l’inconnu. Pourtant j’ai fini par passer à côté lors de sa sortie PC, principalement par peur que ma machine moyenne gamme ne puisse le faire tourner correctement. Je fus donc très heureux d’apprendre qu’il débarquait sur Playstation 4, qui plus est en plein coeur de l’été, une période calme et propice à tester d’autres choses avant le rush de fin d’année.

The Vanishing of Ethan Carter_20150725111155

Nous sommes en 1973 et Paul Prospero un spécialiste du paranormal (c’est nous) reçoit la lettre d’un enfant d’une douzaine d’années nommé Ethan Carter lui demandant son aide, il se passe des choses pas claires chez lui. Intrigué par le contenu bien étrange de la missive du jeune garçon, il décide de partir à sa rencontre.

Pas de chance pour notre enquêteur puisque sa destination, Red Creek Valley, est perdue au fin fond du Wisconsin. Bon… n’y allons pas par quatre chemins, c’est littéralement le trou du cul du monde. L’aventure nous dépose sur un vieux rail de chemin de fer et plante tout de suite le décor: des arbres à perte de vue, une rivière, un barrage, quelques bâtiments… et rien d’autre. Le petit hameau qui sert d’open world semble à la fois isolé et complètement hors du temps. Une sensation renforcée par la direction artistique inspirée à la fois des campagnes américaine et polonaise (terre natale des développeurs), qui pourrait facilement nous faire croire que l’on se trouve en pleine Europe de l’Est. Un croisement d’influences qui insuffle, sans aucune narration, une véritable atmosphère à la fois intrigante et mélancolique à ce petit bout de monde qui semble complètement figé. Et pour cause, les lieux sont abandonnés et semblent avoir été le théâtre d’évènements assez tragiques. Notre mission sera donc de comprendre ce qui s’est passé et de retrouver Ethan Carter.

The Vanishing of Ethan Carter_20150729181510The Vanishing of Ethan Carter_20150729181445

Je ne sais pas à quoi peut ressembler la version PC, mais il est vrai que cette mouture PS4 frappe d’entrée par sa beauté, comme en témoignent les screenshots maison qui accompagnent cet article. Le réalisme des décors ultra détaillés et des jeux de lumières sont un vrai régal pour les yeux. Il en va de même pour le travail sur le son, tout bonnement excellent, autant dans les bruitages environnementaux que dans les superbes musiques qui savent se faire entendre quand il le faut. Bref, une cohésion parfaite qui participe grandement à l’immersion du titre et prend toute son ampleur avec un bon casque sur les oreilles.

Comme tout jeu du genre qui se respecte, The Vanishing of Ethan Carter propose une expérience de « narration par l’exploration ». Je resterai donc volontairement très évasif sur tout ce qui touche au scénario pour éviter le moindre petit spoil. Dès le départ le titre nous explique qu’il ne nous prendra pas par la main et qu’il va falloir se démerder un peu tout seul. Malgré tout, il nous indiquera tout de même quelles actions seront possibles avec certains éléments de l’environnement: « Lire », « Examiner », etc… J’ai personnellement apprécié le fait de ne pas avoir à scruter chaque recoin du décor comme dans un vieux point n’ click, d’autant plus que le terrain de jeu se révèle assez vaste.

The Vanishing of Ethan Carter_20150729181705The Vanishing of Ethan Carter_20150729181233

La structure du titre est très basique et consistera principalement à résoudre des petits « puzzles narratifs » afin de reconstituer les mystérieux évènements du scénario. Ceux ci sont plutôt simples, le challenge est d’ailleurs quasiment inexistant et le gameplay réduit à un strict minimum, le jeu préférant s’axer sur la découverte plutôt que sur de vrais casse-tête. Soyez prévenus.

The Vanishing of Ethan Carter est avant tout un titre qui encourage l’exploration et qui requiert que l’on prenne son temps. Le jeu n’étant pas linéaire dans sa narration, dès le départ, la quasi-totalité de ce petit open world nous est accessible. Libre à nous d’explorer les bois, les bâtiments, de lire les quelques morceaux de papier que l’on trouve. Bref d’aller où bon nous semble, sachant qu’il est même encouragé de s’aventurer hors des sentiers battus. La progression se fait vraiment de manière assez naturelle, chaque lieu visité ayant en effet quelque chose à raconter. Petit à petit nous plongeons dans une histoire et une ambiance inquiétantes qui ne sont pas sans rappeler certains romans fantastiques. Parce qu’il ne faut pas se le cacher, quand on incarne un enquêteur de l’occulte c’est qu’il se passe des choses pas très ragoûtantes et plutôt étranges en ces lieux. Le titre a d’ailleurs le bon goût de ne jamais tomber dans la surenchère ou dans la facilité en terme d’horreur. Il ne fait pas vraiment peur à proprement parler, mais verse plutôt, et efficacement, du côté de l’angoisse et du malaise grâce à l’atmosphère incroyable qui règne dans certains lieux (coucou l’église) et qui se distille progressivement au fil de notre avancée.

The Vanishing of Ethan Carter_20150729180519

Au final, qu’est ce que ça donne?

Et bien c’est très bon. J’ai globalement vraiment apprécié m’immerger dans l’expérience proposée par les Polonais de The Astronauts et ce, jusqu’au dénouement plutôt bien vu et qui en tout cas, m’a satisfait. Il faut dire que l’aspect fantastique de l’histoire aide aussi grandement le concept du jeu, lui permettant certaines fantaisies de narration et de gameplay que l’on ne pardonnerait peut être pas à d’autres. Mais je ne vais pas vous mentir non plus, il ne va pas marquer ma vie de joueur et je ne le recommanderai pas à tout le monde. Il reste un titre particulier, qui même malgré ses 20€ et en prenant son temps, n’est l’affaire que de quelques heures. Un ratio prix/durée de vie qui va de paire avec le genre, et qu’il faudra accepter pour ceux qui souhaiteront tenter l’aventure.

De mon côté je ne regrette pas du tout l’investissement, j’ai apprécié parcourir The Vanishing of Ethan Carter, un peu à la manière d’un bon petit Stephen King des années 80-90 (cette comparaison n’engage que moi). Un très bon moment donc.

Share.

About Author

Avatar

@StephNoMore

Un commentaire

  1. Dehell

    Je me l’étais pris sur GoG pour une poignée de deniers, mais il faisait tellement souffler mon PC que j’ai eu peur de le continuer :/ Ce que j’en avais fait m’avait pas mal fait saliver en tout cas, je le laisse dans ma wishlist PS4 😀

Leave A Reply